Les apports de l'arbre
en milieu agricole

Les apports de l'arbre
en milieu agricole

AMÉLIORER LA PRODUCTION EN OPTIMISANT L’UTILISATION DES RESSOURCES

L’ INRA l’a mesuré, une parcelle agroforestière
d’1 hectare produit autant de bois
et de produits agricoles que 0,8 hectare
d’agriculture et 0,6 ha de forêt séparés,
cela sans avoir recours à des intrants supplémentaires.

Cette intensification de la production
résulte d’une meilleure utilisation
des ressources naturelles du milieu:
la lumière, l’eau et les engrais sont prélevés
plus efficacement grâce à un étagement
des cultures, des systèmes racinaires
de profondeurs variées, une occupation
du sol permanente…

Les arbres et les cultures créent un système
de complémentarité: l’arbre remonte par exemple
l’eau et les minéraux des couches profondes
du sol pour les remettre à disposition des cultures
de surface. La création d’un microclimat
sur la parcelle protège également les cultures
et les animaux des stress thermiques
et hydriques.

L’arbre pourrait notamment permettre
d’amortir les accidents climatiques,
en partie responsables de la stagnation
des rendements des céréales en Europe.

DIVERSIFIER LA PRODUCTION DES PARCELLES

Les arbres permettent de diversifier les services
et sources de revenu sur l’exploitation:
productions agricoles, bois d’œuvre,
bois énergie, fruits, fourrage, paillage…

RESTAURER LA FERTILITÉ DU SOL

Les arbres restituent de la matière organique
via les feuilles qui tombent au sol
et la décomposition des racines:
40 % de la biomasse d’un arbre
retourne au sol chaque année.

Les racines structurent aussi le sol,
facilitant son activité biologique.
Ces apports améliorent donc
la fertilité du système.

GARANTIR LA QUALITÉ ET QUANTITÉ DE L’EAU

Une récente étude (Agroof, INRA, contrat
Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse)
a mis en évidence la capacité
de dépollution des arbres.

Véritables filtres, ils limitent une partie
de la lixiviation des nitrates, réduisant ainsi
la pollution des nappes phréatiques.

Cette fonction est particulièrement intéressante
pour la gestion des zones de captage
en eau potable.

De plus, les systèmes racinaires des arbres
améliorent l’infiltration du ruissellement,
augmentent les remontées capillaires,
limitent l’évaporation du sol
et augmentent ainsi la réserve utile
en eau des sols.

STOCKER DU CARBONE POUR LUTTER CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

En préalable, il est intéressant de rappeler
ce qu’est la photosynthèse.

Il s’agit du processus bioénergétique permettant
aux végétaux et à certaines bactéries
de synthétiser de la matière organique
à partir de l’eau, de l’air, du sol
et de l’énergie solaire.

Voici l’équation générale de cette réaction:

6CO2 + 12H2O + 675Kcal
→ C6H12O6 + 6O2 + 6H2O

La photosynthèse est un processus bien connu.

Cependant, il a été découvert récemment
que l’eau puisée par le végétal est scindée
(en 2 Hydrogène et 1 Oxygène)
afin de fabriquer des sucres, de l’oxygène neuf
et de l’eau elle aussi nouvelle (ZÜRCHER E.).

Cette capacité nous impose une fois
de plus l’arbre comme un allié de premier ordre
sur le chemin de la durabilité.

99% de la matière solide de l’arbre provient
du CO2 atmosphérique: les arbres sont donc
d’excellents puits de carbone.

Voici l’équation de photosynthèse
appliquée à la fabrication du bois, matériau
composé de cellulose, d’hémicellulose
et de lignine, ces tissus étant eux-mêmes
issus des sucres végétaux (C6H12O6):

1851 Kg CO2 + 1084 Kg H2O + Energie solaire
→ 1000 Kg de bois + 1392 Kg O2 + 541 Kg H2O

La création d’une parcelle agroforestière
conduit à stocker annuellement entre 1 et 5tC/ha
pour des densités comprises
entre 50 et 100 arbres/ha (Dupraz C. 2007)

c’est à dire plus qu’un hectare forestier moyen,
estimé à 1 tC/ha/an (Chevassus au Louis 2009).

Les techniques de semis direct
sous couverture végétale
ont la capacité de stocker 1,5tC/ha/an
(Chicago Climate Exchange 2008).

A travers ces deux techniques, il devient possible
de stocker de 2.5 à 6.5 tonnes de carbone
par hectare chaque année.Cela représente
une captation biologique et un stockage
de 9 à 24 tonnes de CO2 atmosphérique
par hectare et par an!

Les arbres permettent ainsi non seulement
d’atténuer les effets du changement climatique
mais participent aussi à la recapitalisation
des sols en carbone, élément capital
dans les cycles biogéochimiques
et source de fertilité.

LES SERVICES RENDUS À LA COLLECTIVITÉ

Les services rendus par les arbres
ne bénéficient pas seulement à l’agriculture,
la biodiversité et la qualité paysagère;
de nombreuses activités territoriales
tirent également parti de leurs services:

La gestion de l’eau à l’échelle des bassins
versant est très sensible à l’activité agricole

La gestion de la nature dépend
des habitats disponibles
et de la continuité écologique

La restauration humaine
profite de produits de qualité,
issus de filières durables

Les loisirs et activités de pleine nature
(chasse, pêche, randonnée …)
nécessitent la présence d’arbres

La pérennité de l’apiculture est garantie
grâce à l’abondance de nourriture
et d’abris disponibles pour l’abeille:
couverture végétale basse, couverture arborée,
cortège floristique présent aux pieds des arbres).